Le langage canin

Le langage canin : décoder les "mots" du vocabulaire de votre chien

Le chien « parle » avec nous exactement comme il le ferait avec ses semblables. Si certains sujets particulièrement intelligents et fins peuvent inventer des formes de communication sur mesure pour l’homme, il s’agit d’une exception. Voyons les « mots » qui composent le vocabulaire canin et leur traduction fidèle.

Aboyer

L’aboiement est une manifestation néoténique : les canidés sauvages n’aboient pratiquement jamais. Le chien domestique a été sélectionné exprès pour devenir un « clabaudeur » à des fins humaines : il a donc développé plusieurs modulations vocales qu’il continue d’émettre à l’âge adulte.

L’aboiement proprement dit peut constituer un avertissement, une menace, un défi, mais aussi une invitation au jeu ou une demande (nourriture, eau, etc.). Presque tous les propriétaires apprennent vite à distinguer les tons suivant leur signification.

Glapir et faire "Kaï-kaï"

Le glapissement équivaut à une demande d’aide précise : les chiots y ont très souvent recours, tout comme les adultes quand ils se sentent en danger.

Le "kaï-kaï" est un signal vocal qui signifie : « Aïe, comme ça fait mal ! ». Chez les chiots, mais parfois chez les adultes, il peut traduire une forte peur ou une soumission totale (comme lorsqu'un chiot voit son père pour la première fois sans que celui-ci ne l'ait touché).

Hurler : une activité vocale sociale complexe

Le hurlement remplit plusieurs fonctions essentielles au sein de la meute :

  • Permettre au membre égaré de faire connaître sa position.
  • Permettre à une meute d'appeler l'un de ses membres, surtout si celui-ci occupe un rang élevé (lorsqu’un loup de rang inférieur s’isole, les autres s’en moquent souvent).
  • Indiquer les limites du territoire et renforcer les rapports au sein du groupe.

Les chiens domestiques hurlent selon leur position sur l’échelle néoténique : les races dites lupoïdes hurlent beaucoup plus que les races largement manipulées par l’homme. Si le chien domestique ne semble plus hurler pour des raisons territoriales, il le fait en réponse à des bruits qu'il identifie comme des appels (cloches, sirènes, musique, ou même le chant du maître).

Ce phénomène déclenche un comportement allélomimétique : un membre est imité par tous les autres (chœurs de hurlements). Il est crucial de noter que le chien n’est pas un animal mimétique : il est incapable d’apprendre par imitation (contrairement aux primates). Ce comportement est davantage une « transmission d’états d’âme » qu’une imitation réalisée dans un but précis.

Gémir

Le chien gémit (émettant des sons étouffés et prolongés) lorsqu’il est en proie à un malaise psychologique. C'est le cri typique du chien de chenil qui signifie : « Emmène-moi, je veux sortir ! ». Les chiens qui gémissent le plus (souvent ceux qui aboient le moins) utilisent aussi ce signal pour exprimer leur désaccord face à une action du maître.

Éternuer

Le chien ne s’enrhume pas : cette espèce d’éternuement est en réalité un souffle d’avertissement. Équivalant à un aboiement gueule fermée, il constitue le premier signal de quelque chose de suspect dont le chien n’a pas encore la certitude.